Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /2009 14:18

Après Soft Machine, et Matching Mole, Robert Wyatt, alors sur le point de pondre son nouvel album solo passe par la fenêtre. Faut dire qu’à l’époque, les ascenseurs tombaient souvent en panne. Bref, une fois en fauteuil, il décide de se consacrer à sa carrière solo et sort « Rock Bottom » produit par Nick Mason, batteur des Floyd pour qui ne le saurait pas. A cette époque, il donna un fameux concert, reprenant l’intégralité de « Rock Bottom » et quelques titres dont une fameuse reprise de « I’m a Believer ». Robert Wyatt, c’est probablement un des musiciens les plus complexe et passionnant du demi siècle passé, ni plus ni moins. Une musique aqueuse et lettrée, qui fait appel au rock, c’est vrai, mais surtout au jazz, et pas grand-chose d’autre de connu sur cette terre. Robert Wyatt fait, depuis toujours, une musique incroyablement originale et profonde. Les mélodies alambiquées, soutenues par cette voix aigüe et étrangement chancelante, s’enroulent lentement autour d’arrangements pléthoriques et longs en bouche. Oui, on n’entre pas chez Wyatt comme chez n’importe qui.

 

Il y a quelques années est sorti ce fameux concert où se croisent notamment Oldfield et Mason. Entre les délires qui frisent le free jazz, les silences qui frisent l’obsession, les arrangements qui frisent le firmament et les cheveux de Wyatt qui frisent, ce disque est tout bonnement fantastique. Trouvé plus ou moins par hasard, cette édition vinyle de toute beauté rend justice à ce concert sublime, le son est clair, pour ne pas dire cristallin, alors que la musique flirte parfois avec l’étouffement. Devenu double lors de son passage en vinyle, l’album enchaîne les morceaux sans laisser au public la place de s’exprimer ou presque. La pochette souffre malheureusement d’un accrochage sur le côté, repéré après ouverture, mais une fois passé ce détail, l’édition se révèle très belle. Un pressage en 180 grammes qui donne à entendre un son large, sans pour autant que celui-ci ne s’étale comme sur certains pressages.

 

Le concert se termine sur une reprise monumentale de « I’m a believer », et finit donc dans une euphorie générale qui contraste énormément avec la musique de Wyatt, souvent pleine de mélancolie, sans pour autant sombrer dans le pathos. A l’époque pourtant, fraîchement paraplégique, il aurait pu se laisser aller. C’eut été légitime. Mais non. Robert Wyatt va tirer parti de ce handicap en faisant une musique toujours plus intéressante, originale et singulière. Une musique qui s’écoute calmement. Sans faire autre chose, toutes oreilles ouvertes. Une musique qui s’écoute, tout simplement. Le reste de sa discographie, en groupe ou en solo, est souvent passionnante, preuve en est, son dernier album solo, « Comicopera », sorti en 2007. A noter que le label Domino réédite progressivement l’intégralité de son œuvre, où l’on trouve les indispensables « Shleep », et  « Cuckooland ». Wyatt est un pur génie, méconnu du grand public, comme souvent.

 

Par Esther
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 13:49

Pour un retour aux affaires, musicalement, je n’aurai pas pu faire pire. Reprendre un blog à peine naissant, après un mois d’absence, par une chronique sur Emerson, Lake & Palmer, avouez que c’est particulièrement gonflé. Emerson Lake & Palmer (ELP pour les intimes), c’est tout simplement ce qui s’est fait de pire en matière de prog rock dans les années 70. Lake, le bassiste, guitariste et chanteur du groupe venant de King Crimson, auteur de « premier » disque de rock progressif, il est légitime d’être inquiet. Et notamment sur ce disque. Brain Salad Sugery est ni plus ni moins leur album le plus ambitieux ou pompeux, selon les goûts. Déjà experts dans le grandiloquent, les membres vont pousser l’horreur à son paroxysme. « Jerusalem » qui ouvre l’album annonce la couleur tout en orgue et profondeur de champ. La suite, « Toccata », est une reprise d’un morceau classique, spécialité du groupe qui trouvera son apogée avec les Tableaux d’une exposition du Mussorgsky. Ensuite, deux courtes pièces, dont l’un des plus beaux titres du groupe, il faut bien l’admettre, où Lake prouve une fois de plus qu’avec une guitare acoustique, et un peu de sobriété, il était capable de faire des choses pas désagréables du tout. Malheureusement, cela ne dure qu’un temps. Le gros œuvre démarre enfin, « Karn Evil 9 », soit 30 minutes pour un seul morceau (coupé en deux pour les besoins du vinyle) de musique progressive pure. Pompeux jusqu’à l’écœurement et particulièrement indigeste en 2009, le morceau développe tous les poncifs du genre, solos prétentieux, textes prise de tête, concept fumeux, mélodie à tiroirs étirées… Bref, tout cela a horriblement vieilli, et ne s’avère pas de très bon goût. Alors, vous allez me dire, mais pourquoi nous parler de ce disque ? Et bien, à cela, deux raisons. D’abord pour la pochette, signée HR GIGER, le futur créateur d’Alien, et absolument magnifique. Elle s’ouvre en deux, comme un livre, et laisse entrevoir un second motif, celui d’une femme énigmatique aux yeux fermés et aux cheveux ressemblant à des bras tentaculaires. La seconde raison, plus personnelle, est pour saluer une époque où finalement on se souciait peu de l’image que l’on pouvait avoir, on produisait la musique que l’on avait envie de faire, on essayait de nouvelles choses, on tentait, on expérimentait… Parfois, bien sûr, on se prenait les pieds dans le tapis, mais au moins, on avait le mérite d’essayer. Et puis, à l’époque, on pouvait très bien monter dans les charts avec un album aussi farfelu que celui-ci, alors qu’aujourd’hui, c’est Céline Dion et quelques autres qui trustent les places des charts. Avouez que çà avait une autre gueule quand même, non ?


Emerson, lake & palmer * jerusalem * 1973
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Par Esther
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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /2009 15:41

A l’heure où l’intégralité des albums des Beatles sort en version remasterisée qui vous coûte un rein, il est grand temps de se replonger dans ce qui reste, pour moi, l’un des sommets indépassables de la musique de ces 50 dernières années. A l’époque, les Beatles vont très mal, au sein du groupe, les discordes s’enchaînent, çà se crêpe suzette le chignon à grand coups de « Moi je veux que Yoko chante sur nos disques », « oui, mais moi, je veux prendre les rennes du groupe », « Oui, mais moi, j’en ai marre de vous deux, j’aimerai bien placer mes chansons de temps à autre, enfin, si je dérange pas trop ». Et le batteur dans tout çà ? Ben, c’est un batteur, alors, il est gentil, mais il l’a boucle. Déjà qu’on lui laisse chanter un titre sur chaque disque ou presque, alors, il va pas en plus la ramener ! Bref, « Let it be » est en cours de production, mais peine à sortir. Le gars Georges Martin, qui n’a pas vraiment d’autre job que les Beatles, soyons honnête, les appelle en leur disant « dites, c’est ballot, on va pas se fâcher, on va bien refaire un disque ? » D’accord répondent les autres, mais ce sera le dernier. Et seulement si tout le monde participe et ne fais pas sa mauvaise tête ! De fait, « Abbey Road » sera l’album le plus rayonnant depuis « Sgt Peppers ». L’ambiance sera la plus détendue depuis des lustres en studio, chacun ayant conscience qu’il s’agit là du dernier album des Beatles, soit, ni plus ni moins, le groupe le plus important et influent de l’histoire de la pop. Comme toujours, Lennon / Mc Cartney signent la plupart des chansons, mais le gars Georges place deux compositions, et pas les moins jolies, notamment la très belle et délicate « Here comes the sun ». Bien sûr, Ringo a sa chanson, pour une fois pas trop vilaine, qui rappelle un peu « Yellow Submarine » mais en mieux foutue. L’intro, bien sûr, tout le monde la connaît, le fameux « Come Together » où Lennon se fait toujours aussi fripon. Ensuite, je ne vais pas faire une chronique sur l’album, tout le monde le connaît. Pour autant, il est toujours bon de revenir sur l’un des faces les plus abouties de leur histoire, l’enchaînement « Because… The end » où 20 minutes de musique s’enchaînent sans discontinuer avec une fluidité rarement atteinte depuis. Les morceaux sont tout bonnement fantastiques, et l’on retrouve tout ce que l’on peut aimer chez les Fab Four. Chœurs entremêlés, arpèges cristallins, basse qui se fait ronde, enfin, tout ce qui fait le charme des derniers disques des Beatles.

 

On sent dans ce disque une véritable sérénité, disparue depuis longtemps. Le double blanc a été enregistré chacun dans son coin, on se croisait dans les studios, on se rencontrait rarement. Paul et John allant même jusqu’à jouer toutes les parties de certaines de leurs chansons. Et puis Let It Be et ses chamailleries quotidiennes. Bref. On ne peut plus s’entendre mais on s’entend une dernière fois, et on essaye de faire du bon boulot.

 

J’ai retrouvé ce disque et quelques autres cet été. Je n’avais pas écouté mon vinyle depuis pas loin de 15 ans. Un pressage français d’origine en parfait état. Quelques rares craquements, et les coins de la pochette légèrement abîmés, mais quand même… Ce disque a quarante ans et est en meilleur état que d’autre, dont j’ai pris autant soin, mais que j’ai pourtant écouté moins souvent. Comme quoi, à l’époque, on savait presser un disque. Dès que les finances vont me le permettre, je vais acheter les rééditions de ce groupe fondamental qui a bercé toute ma vie, mais toutes les rééditions du monde ne remplaceront jamais mes vinyles d’origine, avec cette odeur de vieux carton, et ces craquements que je connais tellement par cœur qu’ils ont presque tendance à me manquer lorsque j’écoute la version CD…


George Harrison (The beatles Here comes the sun)
envoyé par AUSTER. - Clip, interview et concert.
Par Esther
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Vendredi 7 août 2009 5 07 /08 /2009 15:50

A peine arrivé et déjà en vacances. Je pars donc pour trois semaines, et laisse mes activités au repos. Je vous laisse avec un bijou de ma discothèque. Cette superbe édition d’un des chef d’œuvres des Flaming Lips. Un double LP 180 grammes, avec un disque bleu marbré, et un disque orange marbré. Le mixage est légèrement différent de la version CD, mais rien qui ne justifie le rachat de l’album. C’était juste pour le plaisir de posséder cette édition limitée de toute beauté. Inutile de vous reparler du contenu que bon nombre d’entre vous connaissent déjà, mais pour s’en assurer, un petit extrait…



Flaming Lips - The Yeah Yeah Yeah Song
envoyé par jorditett. - Regardez la dernière sélection musicale.

A noter également, puisqu’on y est, la B.O. de leur film… Le film est une sorte d’Eraserhead version 2001 l’Odyssée de L’espace, mais à l’intérêt tout de même très limité. La musique est assez éloignée de l’univers rock psychédélique et barré du groupe. Il s’agit plutôt d’une suite de vignettes sonores, assez réussies et qui vivent très bien sans les images. La version vinyle, en édition très limitée a été éditée en vert, et elle contient un single « de Noël » en vinyle blanc où le groupe chante Noël, non pas dans des chants traditionnels, mais dans des chansons originales. Certes, tout cela ne fera pas parti du haut du panier du groupe, mais c’est toujours sympa de les avoir.
Par Esther
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Jeudi 6 août 2009 4 06 /08 /2009 16:49



Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé ce disque. D’abord de loin, et puis peu à peu, lentement… Aujourd’hui, il fait parti de ces disques que j’écoute souvent. Steely Dan, c’est la classe tranquille. La musique au cordeau. La note qui faut où il faut, angencée par deux bêtes de studio. Certains pensent que ce son jazzy, funky, doucement groove fardé de pop, c’est du facile, de la musique adulte pour passer sur des FM sérieuses, genre « Bonsoir, vous êtes sur FIP, il est 22 heures…. » C’est possible. Mais après tout, pourquoi pas. D’abord parce que j’aime bien FIP et puis, ensuite, je n’ai pas forcément envie d’écouter tous les jours de la musique complexe, difficile et tout ce qui va avec. Steely Dan, c’est aussi la douceur, la virtuosité au service d’une musique fine et racée, sans doute trop pour les puristes du rock’n roll, mais, personnellement, la musique, je ne l’envisage que d’une seule manière. Celle qui me plaît, et celle qui m’emmerde. Le reste… Steely Dan me plaît, et particulièrement ce disque, pourtant réputé comme étant le moins intéressant du groupe. Ah bon ? En tout cas, lorsque je suis tombé sur cette belle réédition, à l’identique, vous savez, la fameuse série « Back to Black » censée fêter les 60 ans du vinyle, je n’ai pas hésité. La chose a été faite avec soin, et le pressage est de très bonne qualité. Bref, y’a pas de mal à se faire du bien !



Par Esther
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