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Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 17:47

 

 

Hier, j'ai appris totalement par hasard que le magasin liquidait son stock. Si j'avais vu les scènes de liesse comme j'ai pu en voir depuis, je n'aurais sans doute pas fait le déplacement. Pour beaucoup, Virgin représente le capitalisme en mode culture, à l'instar de la Fnac, et c'est pas faux. Mais il est bien difficile de me réjouir de la chute de l'empire. Je me souviens encore, comme si c'était hier, le jour de ma première paye. Je me suis rendu aux Champs Elysées, et j'ai arpenté les rayons, avec mon meilleur ami, trois heures durant. A l'époque, le magasin représentait pour moi l'occasion de dégoter les disques que j'aimais, introuvables dans les rayons des Supermarchés. Certes, avec le temps, je me suis rendu compte qu'on trouvait mieux et moins cher ailleurs, qu'il valait mieux faire turbiner les indépendants que les grandes enseignes. Aujourd'hui, je me rends de moins en moins dans ce type d'enseigne car je n'y trouve quasiment plus mon bonheur, sauf à connaître personnellement l'un des employés, j'y reviendrai.

 

Je n'ai pas assisté au pire (ceux qui revendaient des articles à peine achetés, sans prendre le temps de sortir du magasin, ceux qui achetaient sans savoir pour le plaisir de revendre au prix fort sur Priceminister...), mais ce que j'ai pu voir m'a suffit. Les rayons en jachère, au trois quart vide, des articles posés là, au hasard car "merde, je sais même pas ce que j'ai pris....", des clients courant, et se marrant de l'aubaine. Des imbéciles aux répliques idiotes ("Putain, le Chiffre d'affaires qu'ils vont faire!!!". Sans déconner, il faut être né avec le bonnet sacrément vide pour dire une telle connerie. La vente à perte n'a jamais créée de bénéfices, même au Virgin!), et des regards vides, accrochés à côtés des sourires forcés et polis des employés. Car, plus que la mise à mort d'une enseigne, on assiste là à celle de l'emploi, et d'un métier, tué par l'industrie de masse, la vente de conneries à des crétins, par la course aux bénéfices sur le dos des consommateurs. Bref, il paraît que c'est la faute aux pirates. Possible. Je ne sais pas, je ne pirate pas. Pourtant, moi qui achète, j'ai, comme mes camarades, subi l'augmentation outrancière des disques. Un vinyle coûte aujourd'hui plus cher que les premiers CD, mais ça, tous les partis d'en face, ou presque, le passent sous silence. Je n'ai pas le coeur de remettre le débat sur le tapis.

 

J'ai fouillé le bac à vinyles, et puis j'ai croisé mon pote B. disquaire de son état. C'est l'amour de la musique qui nous a rapproché, lui vendeur, moi client. Et ce jour là, nous nous sommes retrouvés dans le même camp. Celui des clients. Mais lui connaît les deux camps car la crise touche aussi son enseigne. Le disque y est décimé au profit du tout numérique jusqu'au jour où, tout le monde ayant tout, personne n'aura plus besoin de rien. Clé sous la porte. On échange un peu sur nos trouvailles. On abrège. On sent le malaise. Il me conseille de jeter un oeil sur les indé. J'y vais, mais il y a tellement de monde que ça me saoule. La première fois de ma vie, à part à noël, que j'ai envie de me barrer d'un disquaire. Je ne vais pas aller au bout de mon rayon. Je m'étais fixé un prix. D'habitude, je réfléchis, je pèse dans la balance, je me dis: bon, lequel je repose??? Là, hors de question. Faut que je me barre. Jusque dans la file d'attente, je vais me demander si je ne vais pas me barrer sans rien prendre. Devant le caissier, c'est la confusion, la presque honte. "Bon courage pour la suite" ne puis-je m'empêcher de lui dire. Et je m'en vais. Une boule au ventre, avec, de surcroît, l'impression d'avoir participé à la mise à mort de cet endroit qui fût, à une époque, si important pour moi.

 

Je suis rentré chez moi sans triomphalisme. Certes, aujourd'hui, je fréquente rarement les disquaires. La crise, le net, je suis comme tout le monde. Et puis, mes disques, je les trouve chez "Souffle Continu", "Metamkine", ou "Ground Zero" et rarement à la Fnac et autres, mais tout de même, j'ai surtout eu l'impression d'assister, hier, à un monumental gâchis. R.I.P.

Par Esther - Publié dans : L'humeur au bord des lèvres!
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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 09:12

Voilà plus d'un mois maintenant que je suis allé voir YO LA TENGO à la Maroquinerie. Vous allez me dire: sacré grasse matinée. En fait non. La flemme d'écrire m'avait jusque là empêché d'évoquer cet instant chavirant. D'abord la joie d'y croiser un pote, ensuite celle d'assister gratuitement à un concert, et enfin, celle d'assister pour la première fois à un concert de Yo La Tengo.

 

Discussion moi ça va, et toi, ça va, ben moi ça va. Yo La Tengo ne tarde pas. Les trois membres ont de la bouteille mais s'apprêtent à mettre une sacrée branlée à un tas de petits jeunes.

 

Set acoustique: Ce qui étonne le plus tout de suite, c'est la foutue cohérence de groupe. Chacun est au service du groupe et la répartition des rôles est tout à fait équitable. Le set, un poil trop carré peut-être, est un monument de sobriété mais aussi de chaleur humaine. Ils ont plaisir à jouer ensemble et cela se ressent. Le public écoute, inlassablement, paisiblement. Puisant dans son large répertoire, le groupe ne fait pas dans la promotion intensive. Pourtant, on ne peut s'empêcher d'attendre que les guiatres se mettent à rugir. Ce qui ne va pas tarder.

 

Set électrique: Sorte de miroir parfaitement brisé de ce que l'on vient d'entendre, les vieux s'en donnent à cœur joie et offrent un set parfait. Contrairement à Sonic Youth, ils ne font jamais dans la démesure sonique, même lors de l'énorme "Pass The Hatchet, I Think I'm Goodkind", pièce centrale du concert. Un mur de feedback s'abat tout à coup sur l'auditeur, mais celui-ci n'en ressort pas avec les oreilles vrillées. Tout juste la mâchoire un peu engourdie par cette claque monumentale. Pendant une heure, ils vont aligner impeccablement les titres, rappelant à tout le monde qu'une bande de quinquagénaires fait encore partie des meilleurs groupes du monde de la terre...

 

 

 

 

Par Esther - Publié dans : Concert
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Vendredi 3 mai 2013 5 03 /05 /Mai /2013 16:37

Attention, ça pique un peu au début. Du Free Jazz sans jazz, mais épris d'une liberté indéniable. Du silence, puis de l'explosion des sens chez ce ténor Plutôt que de vous en faire une chronique, je reprends le texte de chez Doubtful Sounds:

 

Yong Yandsen est un musicien Malaisien, de Kuala Lumpur. Il est membre de Emacm / SiCKL, des collectifs faisant la promotion de l’expérimentation dans la musique et plus généralement dans les arts en Malaisie.

Certains ont pu découvrir Yandsen à travers la compilation “Shang” du label Xing-Wu, mettant en avant 3 artistes Malaisiens, sur laquelle il a composé une pièce à la guitare, qui fut son premier instrument et qu’il a depuis abandonné au profit du saxophone ténor.

Au saxophone tenor, on peut le trouver sur les différents disques du groupe Klangmutationen. Ce disque est le premier en solo, avec 7 improvisations enregistrées à Cheras, KL sur une période de deux ans.

Un souffle incandescent, un son écorché, du cuivre chauffé à blanc. Un râle qui lie Albert Ayler à Kaoru Abe ou Masayoshi Urabe.

Vinyle noir tiré à 300 exemplaires. Masterisé par Giuseppe Ielasi. Couverture par Loïc Verdillon.

 

En commande ICI

Yong-Yandsen.JPG

 

Je me permets simplement d'ajouter que chaque silence est comme une respiration vitale et bénéfique qui ne fait que renforcer la puissance de feu de ce musicien singulier. Merveille.

 

 

Par Esther - Publié dans : vinyle
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Mercredi 1 mai 2013 3 01 /05 /Mai /2013 01:24

J'ai eu envie d'écrire. Un peu. Pas longtemps. Juste pour signaler que le meilleur disque de l'année 2013 est peut-être déjà sorti. The Knife est sorti du silence, collé dans l'ombre comme un virus qui attend le bon moment, et plombe la concurrence avec un triple album ahurissant. Krautrock, World, Electro, Expérimentale... The-Knife.JPGOn ne sait plus où donner de l'étiquette, et c'est tant mieux. P.I.L forniquant avec Talking Heads en quillant un 69 buillant comme une morgue avec les rythmes lancinants de Can ourobotiques de Kraftwerk. On peut danser (?) et réfléchir sur ce disque (suffit de lire les paroles). On croise ce qui semble être des rythmes africains joués avec un bontempi, un Didjerido essouflé, des mélodies cabossées mais attrape-coeur. Le titre de l'album est parfait. Ici, on bouscule les habitudes, les ponts, les refrains, les structures, tout ça,on s'en tamponne le dargeot. En plus du triple album, le double CD est fourni, le tout emballé dans un artwork qui pique les yeux, mais c'est voulu et parfaitement raccord avec le contenu. La Classe, je vous dis! Certains pensent qu'il faut quand même s'accrocher pour entrer dans ce disque. Certains se trompent, c'est certain.

 

 

Par Esther - Publié dans : vinyle
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Lundi 22 avril 2013 1 22 /04 /Avr /2013 08:27

Bon, ce blog étant au point mort absolu et n'ayant pas pour projet de le réactiver dans l'immédiat, je ne vois pas trop l'intérêt, mais je fais quand même de l'auto promo.

 

Voici donc, en exclusivité quasi mondiale, mon nouvel album. Ne faisant pas non plus dans l'auto-congratulation, je vais évidemment pas faire la critique du bouzin. Je suis juste en mesure de dire que c'est, à mes yeux, le projet le plus abouti que j'ai pu faire depuis que je fais de la musique. Je compte bien, après une petite pause, continuer dans cette voie, en penchant toutefois un peu plus vers la musique expérimentale.

 

Froid-dans-le-dos.jpg

 

THE ONE BURNED MA - Froid dans le dos

 

Le téléchargement est gratuit, mais les donnations, même mineures sont les bienvenues pour ceux qui le souhaitent, ou, en ces temps d'austérité, le peuvent. Ceci dit, si je le mets en ligne gratuitement, ce n'est pour m'offenser si personne ne paye... Bonne écoute ou bon courage, ça dépend des goûts.

Par Esther - Publié dans : THE ONE BURNED MA
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